Au Cameroun, le mandat des députés a été prolongé jusqu'au 20 décembre 2026, une décision justifiée par des contraintes financières et organisationnelles. Cette prorogation, votée le 19 mars 2026 par l'Assemblée nationale, intervient après une première extension et soulève des questions sur le fonctionnement démocratique du pays.
Élus en janvier 2020 pour un mandat de cinq ans, les 180 députés voient leur mandat initial largement dépassé. L'article 15(4) de la Constitution, qui autorise le chef de l'État à prolonger le mandat des parlementaires en cas de crise grave ou de circonstances exceptionnelles, est invoqué. Cependant, l'utilisation répétée de cette disposition suscite des interrogations sur sa transformation en outil de gestion politique ordinaire.
Cette décision intervient dans un contexte politique tendu, marqué par la réélection contestée du président Paul Biya en octobre 2025. L'opposant Issa Tchiroma Bakary avait revendiqué la victoire, dénonçant une « mascarade ». Des irrégularités avaient été relevées par la Conférence épiscopale du Cameroun lors de ce scrutin.
Le député Jean-Michel Nintcheu a critiqué le manque de légitimité des députés dont le mandat a été prorogé à plusieurs reprises. Des observateurs estiment que le report des élections législatives, combiné à la prolongation du mandat des députés, neutralise toute possibilité que l'Assemblée reflète la réalité du terrain.
Cette situation pose la question de la crédibilité du processus démocratique camerounais. Le pays se retrouve avec un président réélu dans un scrutin contesté et un parlement dont la légitimité est remise en question. La prolongation du mandat des députés, justifiée par des raisons financières et organisationnelles, intervient dans un contexte de tensions politiques et de critiques sur la transparence des élections.
L'extension du mandat parlementaire a été justifiée par les autorités comme une nécessité pour alléger la pression financière sur l'État et permettre une meilleure préparation des prochaines élections. Les contraintes organisationnelles, logistiques et sécuritaires ont également été évoquées comme raisons de ce report.
La question demeure de savoir si ces reports successifs et l'invocation répétée de circonstances exceptionnelles ne transforment pas les règles constitutionnelles en simples outils de gestion politique, au détriment de la volonté populaire. Les prochaines échéances électorales au Cameroun seront donc scrutées de près pour évaluer la vitalité de sa démocratie.
Initialement prévues en 2025, puis reportées au 30 mars 2026, les élections sont désormais attendues au plus tard le 20 décembre 2026.