Le gouvernement camerounais intensifie ses efforts pour identifier et sanctionner les fonctionnaires fantômes, en particulier dans le secteur de l'éducation. Plus de 3 400 enseignants relevant du ministère des Enseignements secondaires (Minesec) sont désormais sous le coup d'une enquête, soupçonnés d'avoir abandonné leurs postes.
Une opération conjointe du ministère des Finances et des Aéroports du Cameroun (ADC) a révélé que ces enseignants ont effectué des voyages à l'étranger ces dernières années. Afin de clarifier leur situation, la ministre des Enseignements secondaires, Pauline Nalova Lyonga, a sommé les intéressés de se présenter avant le 9 mars 2026 à la porte 507 de l'immeuble du Minesec, munis de pièces justificatives de leur présence effective au Cameroun. Passé ce délai, ils seront « purement et simplement retirés du fichier solde de l'État », a averti la ministre.
Cette action s'inscrit dans un contexte de lutte contre l'absentéisme et la désertion des postes dans la fonction publique camerounaise. En janvier 2025, le Minesec avait déjà publié une liste de 1 226 enseignants ayant déserté leurs postes, les sommant de justifier leur absence sous peine de radiation. Depuis 2023, environ 5 000 enseignants ont été retirés des effectifs pour ce motif.
Plusieurs facteurs expliquent cette désertion, notamment les tensions récurrentes entre les enseignants et le gouvernement, ainsi que la recherche de meilleures conditions de vie et de travail à l'étranger, notamment au Canada. Cette situation met en évidence les défis auxquels est confronté le système éducatif camerounais, notamment la pénurie d'enseignants qualifiés et les conditions de travail difficiles. Le gouvernement cherche ainsi à assainir le fichier solde de l'État tout en luttant contre la fuite des cerveaux.
La ministre Pauline Nalova Lyonga, en poste depuis 2018, a entrepris plusieurs initiatives pour améliorer la qualité de l'éducation au Cameroun, notamment en promouvant l'utilisation de manuels scolaires produits localement et en renforçant la coopération avec la Chine dans le domaine de l'enseignement technique et professionnel. Reste à savoir si ces mesures suffiront à endiguer le phénomène de désertion et à garantir un enseignement de qualité pour tous les élèves camerounais.