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Cameroun : Le rapport sur la mort d'Anicet Ekane conclut à une "mort naturelle"

Le ministère de la Défense camerounais publie un rapport concluant à une mort naturelle d'Anicet Ekane, figure de l'opposition décédée en détention en décembre 2025, après des allégations de négligenc

Cameroun : Le rapport sur la mort d'Anicet Ekane conclut à une "mort naturelle"
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Le ministère de la Défense camerounais a publié un communiqué concernant le décès d'Anicet Ekane, président du Mouvement africain pour la nouvelle indépendance et la démocratie (Manidem). Selon le rapport d'enquête commandé par l'État, Ekane est décédé de causes naturelles.

Le communiqué du ministère de la Défense précise que l'enquête n'a révélé aucune lésion traumatique et a mis en évidence de graves pathologies qui ont affecté un patient avec de lourds antécédents médicaux. Le rapport conclut donc à une mort naturelle, écartant les allégations selon lesquelles le retrait de l'extracteur d'oxygène d'Ekane pendant plusieurs jours aurait contribué à son décès.

Anicet Ekane est décédé le 1er décembre 2025 dans des circonstances controversées. Il avait été arrêté le 24 octobre 2025, suite à l'élection présidentielle contestée qui a vu la réélection de Paul Biya pour un huitième mandat. Ekane avait été accusé d'hostilité contre l'État, d'incitation à la révolte et d'appel à l'insurrection. Ses proches et ses avocats ont affirmé qu'il s'était vu refuser des soins médicaux appropriés pour ses problèmes respiratoires, qui se sont aggravés pendant sa détention. Ils ont également signalé que son concentrateur d'oxygène lui avait été confisqué au moment de son arrestation.

L'annonce du ministère de la Défense survient après la levée des scellés sur la dépouille d'Anicet Ekane, 85 jours après son décès. Figure de l'opposition camerounaise, Ekane avait soutenu la candidature d'Issa Tchiroma lors de la dernière élection présidentielle, après que le parrainage qu'il avait accordé à Maurice Kamto ait été invalidé.

La mort d'Anicet Ekane avait suscité de vives réactions au sein de la société civile et de la communauté internationale. Human Rights Watch avait appelé à une enquête impartiale sur les circonstances de son décès. Plusieurs organisations avaient dénoncé ses conditions de détention et le manque de soins médicaux dont il aurait été victime. L'affaire avait mis en lumière les tensions politiques persistantes au Cameroun et les préoccupations concernant le traitement des opposants politiques.

Le corps d'Ekane a été remis à sa famille le lundi précédant l'annonce des résultats de l'enquête.