Le ministère de la Défense du Cameroun (MINDEF) a rendu public les conclusions de l'enquête sur le décès d'Anicet Ekane, figure de l'opposition et président du Mouvement Africain pour la Nouvelle Indépendance et la Démocratie (MANIDEM). Ekane est décédé le 1er décembre 2025, alors qu'il était détenu au Secrétariat d'État à la Défense (SED) à Yaoundé.
Selon le communiqué du MINDEF publié ce mardi 24 février 2026, l'enquête a conclu qu'Anicet Ekane est décédé de mort naturelle. Le corps d'Ekane avait été remis à sa famille le 23 février, après avoir été conservé à la morgue de l'Hôpital central de Yaoundé pour les besoins de l'enquête.
L'arrestation d'Ekane avait eu lieu dans un contexte de tensions post-électorales suite à l'élection présidentielle contestée du 12 octobre 2025. Il avait été accusé d'hostilité contre l'État, d'incitation à la révolte et d'appel à l'insurrection. Ses proches avaient dénoncé la confiscation de son appareil respiratoire et un état de santé dégradé. Le gouvernement avait rejeté ces accusations.
La mort d'Anicet Ekane en détention avait suscité de vives réactions et des demandes d'enquête indépendante. Des organisations de défense des droits de l'homme, telles que Human Rights Watch, avaient appelé à une investigation impartiale, rapide et efficace. L'annonce des conclusions de l'enquête par le MINDEF, attribuant le décès à des causes naturelles, vise à dissiper les soupçons d'une mort orchestrée par le gouvernement.
Anicet Ekane, figure de proue de la gauche nationaliste camerounaise depuis les années 1990, était un critique virulent de l'establishment politique. Son parti, le MANIDEM, est issu de l'Union des populations du Cameroun (UPC). En amont de l'élection présidentielle de 2025, il s'était d'abord allié à Maurice Kamto, puis à Issa Tchiroma Bakary.