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Cameroun : Le manque d'alternance politique pousse une génération à l'exil

L'absence d'alternance politique au Cameroun pousse une génération de jeunes à l'exil, face à un système bloqué et un manque de perspectives d'avenir dans leur pays.

Cameroun : Le manque d'alternance politique pousse une génération à l'exil
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Au Cameroun, l'absence d'alternance politique alimente un exode croissant de jeunes, désabusés par le système et aspirant à un avenir meilleur à l'étranger. L'élection présidentielle de 2025 a fini de convaincre une partie de la population que le changement par les urnes est illusoire, transformant la citoyenneté en un rôle passif et sans impact.

Face à ce constat, de nombreux Camerounais, notamment les jeunes, envisagent l'exil comme une alternative à la stagnation politique et au manque d'opportunités économiques. Les chiffres révèlent une réalité préoccupante : plus de la moitié des jeunes camerounais ont déjà songé à émigrer, motivés par la recherche d'emploi, les difficultés économiques et la pauvreté. Cette tendance se traduit par une préparation accrue aux tests de langue et aux démarches d'immigration, au détriment de l'engagement politique et des projets de développement local.

Ce phénomène d'émigration représente une véritable saignée pour le Cameroun, qui voit partir ses forces vives, ses compétences et son potentiel de développement. Le pays exporte ainsi ses enseignants et ses infirmiers vers le Canada, compromettant la qualité de son système éducatif et de ses services de santé. Cette fuite des cerveaux, accentuée par un taux de chômage élevé chez les jeunes diplômés (35% dans les grandes villes), prive le Cameroun de sa substance et hypothèque son avenir.

L'absence d'alternance démocratique érode également le lien social et la confiance des citoyens envers les institutions. La démocratie ne se limite pas à un simple mécanisme de vote ; elle repose sur la conviction que chaque voix compte et que le changement est possible. Lorsque cette conviction disparaît, c'est le vivre-ensemble qui s'effrite, laissant place à l'individualisme et à la débrouillardise.

Pour inverser cette tendance, il est impératif de restaurer la confiance des citoyens dans le processus démocratique et de créer des perspectives d'avenir pour les jeunes au Cameroun. Le gouvernement met en avant des initiatives telles que le Programme de promotion de l'entrepreneuriat et le Plan spécial Jeunes, mais leur impact reste insuffisant face à l'ampleur du défi. Le Cameroun risque de payer longtemps le prix de ce départ massif, qui fragilise ses services publics et compromet son développement à long terme.

Source : www.camer.be