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Cameroun : Le gouvernement supprime les limites des prorogations municipales dans le Code électoral

Le Cameroun supprime les limites des prorogations municipales dans le Code électoral, suscitant des craintes de verrouillage institutionnel et de crise de confiance. Les raisons : peur des élections,

Cameroun : Le gouvernement supprime les limites des prorogations municipales dans le Code électoral
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Le gouvernement camerounais a déposé un projet de loi à l'Assemblée nationale visant à modifier le Code électoral, en supprimant les limites de prorogation des mandats municipaux. Cette révision ciblée de l'article 170 de la loi n°2012/001 du 19 avril 2012, qui fixait une prorogation maximale de dix-huit mois, suscite des inquiétudes quant à un verrouillage institutionnel et à une potentielle crise de confiance entre le gouvernement et les populations.

Le projet de loi maintient le principe d'un renouvellement des conseils municipaux tous les cinq ans, mais la suppression de toute limite de temps à la prorogation rend ce principe théorique. Le gouvernement justifie cette initiative par des contraintes financières et logistiques liées à l'organisation des élections, mais certains observateurs y voient une manœuvre politique pour geler les échéances locales et éviter le verdict des urnes.

Plusieurs facteurs expliqueraient cette réforme. Premièrement, la crainte du gouvernement face aux résultats des élections de proximité, plus difficiles à contrôler. Deuxièmement, les difficultés financières et logistiques liées à l'organisation des élections municipales, bien que cet argument soit perçu comme un masque dissimulant des motivations politiques. Troisièmement, la volonté de verrouiller tous les niveaux de pouvoir, en particulier après la présidentielle, les municipales devenant le dernier espace de contestation possible.

Cette modification du Code électoral pourrait entraîner une crise de confiance, car les élections municipales sont un scrutin essentiel où les citoyens élisent leurs représentants locaux. Reporter indéfiniment ces élections reviendrait à supprimer tout contrôle local, ce qui pourrait alimenter la contestation et éroder la légitimité des maires en place. Le risque est de voir s'aggraver la corruption locale et l'absence de services publics, les maires n'ayant plus de comptes à rendre aux électeurs.

En mars 2026, l'Assemblée nationale a déjà voté une loi prolongeant les mandats des députés jusqu'au 20 décembre 2026, ce qui témoigne d'une tendance à la révision du calendrier électoral pour des raisons logistiques et financières, selon le gouvernement. Cependant, cette décision suscite des débats entre ceux qui privilégient la stabilité institutionnelle et ceux qui critiquent les prolongations successives des mandats. Après la présidentielle contestée et le gel des municipales, la question se pose de savoir quels scrutins resteront crédibles et comment la population pourra faire entendre sa voix.

Source : www.camer.be