Le gouvernement camerounais change de cap concernant la modernisation de ses stations de pesage routier. Initialement lancée en 2025, une première procédure a connu un échec partiel, poussant les autorités à revoir leur approche. Le 13 avril 2026, le ministre des Travaux publics, Emmanuel Nganou Djoumessi, a rencontré à Yaoundé les responsables techniques du secteur pour annoncer une nouvelle stratégie d’acquisition pour les stations de Mandjou (Est), Manwi (Adamaoua), Bekoko et Njombe (Littoral).
Un appel d’offres national, lancé en août 2025 avec un budget de 520 millions de FCFA, avait abouti à l'attribution des lots de Bekoko et Njombe à une seule entreprise, tandis que les lots de Mandjou et Manwi avaient été déclarés infructueux. Cette situation a suscité des préoccupations quant à une possible concentration du marché et à la qualité jugée insuffisante de certaines offres.
La nouvelle stratégie préconise un découpage plus précis du marché, distinguant clairement les travaux d’aménagement des stations et la fourniture des équipements techniques. L’objectif est d’encourager une plus large participation des entreprises locales, d’améliorer la qualité des propositions et d’accélérer la mise en œuvre du projet. Cette approche vise également à réduire les risques d'exécution souvent rencontrés dans ce type de projets.
Cette initiative s’inscrit dans un projet plus vaste de digitalisation des 17 postes de pesage routier du pays, annoncé depuis une quinzaine d’années. Le dispositif actuel, conçu pour protéger les infrastructures routières des surcharges, se heurte à des difficultés telles que les coupures d’électricité, les pannes récurrentes, l’insuffisance des équipements et les contestations des transporteurs. La digitalisation vise à fluidifier les opérations, à renforcer la transparence et à améliorer la collecte des recettes publiques, estimées à 2 milliards de FCFA en 2020, mais considérées comme inférieures au potentiel réel en raison de la corruption et des arrangements informels.
En réduisant l'intervention humaine, la digitalisation des pesages devrait permettre de mieux lutter contre la corruption et d'optimiser les recettes de l'État, tout en assurant une meilleure protection du réseau routier camerounais.