Au Cameroun, le mandat des députés arrive à échéance le 30 mars 2026, mais une prolongation imprévue se profile, non pas par choix politique, mais en raison de contraintes constitutionnelles. La loi de prorogation promulguée le 24 juillet 2024 avait déjà fixé cette date limite, mais un enchaînement de délais légaux rend une nouvelle prorogation inévitable.
L'article 16 de la Constitution camerounaise stipule que l'élection des nouveaux députés doit avoir lieu entre 40 et 120 jours après la fin du mandat précédent, plaçant ainsi le scrutin entre début mai et fin juillet 2026. Simultanément, le corps électoral doit être convoqué 90 jours avant la date de l'élection. Cette double contrainte crée un conflit de calendrier insoluble sans intervention législative. En effet, organiser une élection 40 jours après le 30 mars nécessiterait une convocation du corps électoral dès le 30 décembre 2025, un délai déjà dépassé.
L'échéance des 120 jours devient donc la seule option viable, impliquant une élection fin juillet 2026 au plus tard. Dans ce scénario, si le corps électoral est convoqué le 30 mars 2026, le scrutin se tiendrait fin juin 2026. Ce décalage entraînerait l'impossibilité de tenir la session parlementaire de juin, une obligation constitutionnelle. L'Assemblée nationale se retrouverait ainsi vacante au moment où elle devrait siéger.
Pour éviter ce vide institutionnel, deux options juridiques existent : une proposition de loi émanant des députés eux-mêmes, ou un projet de loi soumis par l'exécutif, les deux devant être adoptés avant le 30 mars. Une question connexe se pose : cette prorogation sera-t-elle couplée avec celle des conseillers municipaux, dont le mandat expire également en mai 2026 ? Le temps presse, car l'absence de texte de prorogation avant le 30 mars plongerait le Cameroun dans une situation institutionnelle inédite, avec une session parlementaire constitutionnellement obligatoire ne pouvant se tenir.
À plus long terme, cette situation soulève la question d'une révision des délais constitutionnels pour les adapter aux réalités de l'administration électorale camerounaise.