La Mairie de Yaoundé a publiquement contesté la version des faits relatée par la ministre Célestine Ketcha Courtès concernant un incident survenu à l'Hôtel de Ville. Dimanche, lors d'une intervention sur Vision 4, Dominique Mbassi, responsable de la communication de la Mairie, a déclaré de manière catégorique : « Personne ne l’a approchée, personne ne l’a bousculée, personne ne l’a séquestrée ». Selon la Mairie, les faits, les vidéos et les témoignages disponibles présentent une version différente de ce qui s'est passé vendredi dernier.
L'incident a débuté lorsque des individus non identifiés, équipés de brouettes et d'outils, sont arrivés sur le chantier du tronçon Feux-Madagascar–Entrée-Cité-Verte, un projet géré par une entreprise sous contrat avec la mairie de Yaoundé. La police, alertée de leur présence, est intervenue et les a conduits à l'Hôtel de Ville. La Mairie affirme qu'il n'a fallu que cinq minutes pour préparer leur mise à disposition au commissaire central numéro 1.
C'est à ce moment-là que la ministre Ketcha Courtès est arrivée sur les lieux, selon la Mairie, sans avoir préalablement contacté le maire ou tout autre responsable. La Mairie accuse la ministre d'avoir voulu libérer elle-même les individus interpellés, contournant ainsi les procédures établies. Dominique Mbassi a exprimé son indignation face à cette situation, soulignant que, de mémoire d'habitants de Yaoundé, c'était la première fois depuis 1978 que l'Hôtel de Ville subissait une telle intrusion.
La Mairie a également mis en cause la version de la ministre concernant l'accès au bâtiment. Selon la Mairie, les images circulant sur les réseaux sociaux montrent que les deux battants de la porte étaient ouverts et que la ministre a elle-même forcé le second battant, suggérant que cela aurait été fait dans un but de mise en scène. L'incident survient dans un contexte de tensions autour de la réhabilitation d'une route stratégique à Yaoundé, à quelques jours de la visite du Pape Léon XIV. Le chantier, initialement attribué à une entreprise, a connu des retards, incitant à mobiliser en urgence une autre société.
La version des faits présentée par la Mairie de Yaoundé contraste fortement avec les informations relayées par certains médias, qui évoquaient une séquestration de la ministre. La polémique met en lumière les tensions entre l'État et la municipalité de Yaoundé, à l'approche d'un événement international majeur pour le Cameroun. La lumière devra être faite sur les circonstances exactes de l'incident et les motivations des différents acteurs impliqués.