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Cameroun : La drogue, une arme pour éliminer des adversaires ?

Une série d'événements au Cameroun soulève des questions sur l'utilisation de la drogue pour éliminer des adversaires, avec des arrestations ciblées et une destruction rapide de preuves.

Cameroun : La drogue, une arme pour éliminer des adversaires ?
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Au Cameroun, une série d'événements récents soulève des questions sur l'utilisation de la drogue comme outil de règlement de comptes institutionnel. L'incinération rapide de drogues saisies, des arrestations ciblées au sein de la police et le manque de réponses claires alimentent ces interrogations.

Tout commence avec une saisie de drogue aux détails flous. L'identité de l'expéditeur et du transitaire restent inconnues. L'ordre d'incinération est donné rapidement, sans transparence ni présence de journalistes ou de caméras. La drogue est détruite sans permettre une enquête approfondie.

Vingt-quatre heures plus tard, le chef de la police judiciaire du Littoral est arrêté pour des motifs liés à la drogue. Cette coïncidence soulève des questions : pourquoi ne pas avoir attendu les résultats d'une enquête avant de détruire les preuves ? Ce scénario rappelle l'arrestation du commissaire de l'aéroport dans des circonstances similaires, avec drogue saisie, drogue brûlée et arrestation subséquente.

Dans ces affaires, aucune interpellation de trafiquants présumés n'a lieu, et aucune inculpation publique n'est prononcée. Seuls des cadres de la police sont arrêtés, ce qui amène à se demander si ces saisies sont réelles ou instrumentalisées. La destruction rapide des preuves rend toute vérification indépendante impossible.

Des questions demeurent sans réponses : qui a ordonné l'incinération immédiate et pourquoi une telle urgence ? Dans un contexte où la drogue est considérée comme « démocratisée », la destruction systématique des scellés est illogique, car la drogue saisie devrait être conservée comme pièce à conviction jusqu'au jugement définitif.

Ces arrestations créent un climat de peur au sein de la police, où les cadres craignent d'être piégés. La drogue devient un motif facile à utiliser, difficile à contester et impossible à vérifier une fois les preuves détruites. La crédibilité de la Direction Générale de la Sûreté Nationale est en jeu. Ces affaires de drogue à répétition suscitent des interrogations : le DGSN cherche-t-il à assainir ses troupes ou à régler des comptes ?

Plusieurs questions restent en suspens : qui était l'expéditeur de la drogue, et pourquoi le transitaire n'a-t-il pas été inquiété ? L'urgence de brûler la drogue visait-elle à protéger quelqu'un ou à en accuser un autre ? Combien d'autres cadres seront victimes de ce motif commode et imparable ? Ces événements récents mettent en lumière les défis persistants liés à la lutte contre le trafic de drogue et la nécessité d'une transparence accrue dans les procédures judiciaires au Cameroun.

Source : www.camer.be