Le ministère des Enseignements secondaires du Cameroun a récemment publié une liste de 3 442 enseignants du secondaire sommés de fournir des justifications quant à leurs positions administratives actuelles. La ministre Nalova Lyonga a fixé un délai de 14 jours, à compter du 23 février 2026, pour que les enseignants se présentent à la « porte 507 bis » de son ministère, munis des pièces justificatives nécessaires. À défaut de quoi, ils seront purement et simplement retirés du fichier solde de l’État.
Cette démarche fait suite à une collecte de données effectuée par le ministère des Finances auprès des aéroports du Cameroun. L'analyse des informations de voyage a révélé que ces agents de l’État ont effectué des déplacements hors du pays ces dernières années. L'objectif est de vérifier s'ils sont effectivement revenus au Cameroun et s'ils occupent toujours leurs postes.
En toile de fond, cette opération vise à contrer le phénomène d’émigration, en particulier vers le Canada, où de nombreux enseignants camerounais abandonnent leurs postes pour des perspectives meilleures, tout en continuant à percevoir leurs salaires au Cameroun. Cette situation engendre un manque à gagner pour l’État et fragilise la continuité du service public éducatif.
Cette action s’inscrit dans le prolongement du Comptage physique des personnels de l’État (Coppe), lancé en 2018 pour assainir le fichier solde des agents publics y émargeant illégalement. Selon le ministère des Finances, le Coppe a déjà permis de supprimer 10 000 agents publics fictifs, générant une économie budgétaire annuelle d’environ 30 milliards de FCFA depuis 2019. Par ailleurs, le 27 novembre 2025, le ministre de la Fonction publique, Joseph Lé, a annoncé la radiation d'environ 6 000 fonctionnaires à la suite de procédures disciplinaires.
En janvier 2024, la ministre des Enseignements secondaires, Prof Nalova Lyonga, avait estimé à 2 326 le nombre d'agents en situation d'absences irrégulières. Des chiffres avaient été avancés sur les réseaux sociaux évoquant jusqu'à 35 000 enseignants camerounais enregistrés au Canada pour la seule année 2023, chiffres contestés par la ministre. L'opération actuelle vise donc à clarifier la situation de ces 3 442 enseignants et à assurer l'intégrité du fichier solde de l'État.