L'actualité politique camerounaise est marquée par un débat sur la prolongation du mandat des députés. Belmondo Djouaka, intervenant sur Équinoxe TV, a exprimé son désaccord face à la possibilité que les députés votent eux-mêmes une loi prolongeant leur mandat. Selon lui, cette décision devrait revenir au peuple.
Djouaka a rappelé que les députés sont élus pour un mandat de cinq ans, fruit d'un vote populaire. Il estime donc que toute prolongation de ce mandat doit être soumise à l'approbation des électeurs. Cette prise de position intervient dans un contexte où la question de la prolongation des mandats électifs est régulièrement soulevée au Cameroun.
L'argumentaire de Djouaka s'appuie sur le principe de la souveraineté populaire, où les élus sont considérés comme des mandataires temporaires dont la légitimité expire à la fin de leur mandat constitutionnel. Il critique l'idée que les députés puissent voter une loi pour prolonger leur propre présence à l'Assemblée, y voyant une rupture du contrat électoral.
« Remettez le pouvoir au peuple », a-t-il déclaré, opposant ainsi le mandat représentatif au vote populaire, seul juge légitime de la fin des mandats. Son intervention, diffusée sur une chaîne de télévision privée comme Équinoxe TV, offre une plateforme d'expression plus directe que les médias publics.
Cette prise de parole médiatique met une pression sur les parlementaires et alimente un débat citoyen sur la représentativité et les limites du mandat. Elle pourrait encourager une mobilisation citoyenne, avec des appels à un référendum ou à des élections anticipées.
Entre-temps, l'Assemblée nationale a voté en faveur de la prolongation de son mandat jusqu'au 20 décembre 2026. Le dernier scrutin législatif remontant à janvier 2020, le mandat des députés aurait dû prendre fin en mars 2025. Une première prolongation avait été votée le 10 mars 2025, repoussant l'échéance d'un an. Le président Paul Biya avait annoncé un « léger réajustement » du calendrier électoral.