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Assassinat de Martinez Zogo : la défense d'Eko Eko réfute l'accusation de crime d'État

Au procès de l'assassinat de Martinez Zogo, la défense d'Eko Eko dément l'implication de l'État et pointe vers une cellule occulte. Révélations et enjeux d'une affaire complexe.

Assassinat de Martinez Zogo : la défense d'Eko Eko réfute l'accusation de crime d'État
Actualités Cameroun

Le procès de l'assassinat du journaliste Martinez Zogo a connu un tournant lors des audiences du 9 et 10 mars 2026, au Tribunal Militaire de Yaoundé. La défense de Léopold Maxime Eko Eko, ancien patron de la Direction générale de la recherche extérieure (DGRE), s'est employée à déconstruire la thèse d'un crime d'État, évoquant plutôt l'action d'une "cellule occulte" opérant hors de toute chaîne de commandement régulière.

Martinez Zogo, connu pour son émission de radio dénonçant la corruption, a été enlevé le 17 janvier 2023 et son corps retrouvé le 22 janvier à Ngolbassé. L'enquête a rapidement ciblé des cadres de la DGRE, menant à l'arrestation de Léopold Maxime Eko Eko, accusé de complicité d'assassinat. Dix-sept personnes sont actuellement jugées dans cette affaire.

Les dépositions de trois hauts responsables de la DGRE ont marqué les récentes audiences. Ces témoins ont affirmé que l'assassinat a été orchestré par une cellule agissant en dehors de la hiérarchie. Les avocats d'Eko Eko estiment que ces témoignages discréditent la version initiale qui présentait leur client comme le principal responsable. La défense a également réfuté l'existence d'un mobile direct lié à de prétendues insultes de Martinez Zogo envers l'ancien directeur de la DGRE.

Un autre élément clé de l'accusation s'est effondré avec le démenti formel de liens familiaux entre Eko Eko et Martin Stéphane Savom, un autre prévenu. La défense a insisté sur l'absence de relations personnelles ou professionnelles entre les deux hommes, dénonçant une "coalition d'intérêts contre-nature" visant à désigner Eko Eko comme bouc émissaire pour protéger les véritables commanditaires.

Les expertises téléphoniques ont révélé que les exécutants avaient reçu l'ordre d'effacer les traces des transactions, échappant ainsi au contrôle de la direction. Des pressions et des tentatives de déstabilisation auraient également visé l'entourage d'Eko Eko, tandis que des offres de financement suspectes lui auraient été faites. La défense a mis en garde contre l'introduction de nouvelles pièces de procédure non authentifiées, potentiellement manipulées pour discréditer des témoins clés.

Alors que le procès entre dans une phase décisive, la question de la vérité sur le contrôle des appareils de sécurité camerounais et les motivations derrière l'assassinat de Martinez Zogo reste posée. L'issue de ce procès déterminera non seulement les responsabilités individuelles, mais aussi la capacité du Cameroun à faire la lumière sur cette affaire complexe et sensible.

Source : www.camer.be