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Amadou Vamoulke : Plus de 1200 jours de détention et une santé déclinante pour l'ancien DG de la CRTV

Amadou Vamoulke, ancien DG de la CRTV, cumule plus de 1200 jours de détention à Kondengui. Son procès a été reporté 24 fois, et sa santé se détériore, suscitant des appels à sa libération.

Amadou Vamoulke : Plus de 1200 jours de détention et une santé déclinante pour l'ancien DG de la CRTV
Actualités Cameroun

L'ancien directeur général de la CRTV (Cameroon Radio Television), Amadou Vamoulke, a passé plus de 1200 jours en détention à la prison centrale de Kondengui. Incarcéré depuis le 29 juillet 2016, son procès a été reporté 24 fois, une situation dénoncée comme une violation des délais légaux de détention provisoire.

Vamoulke, qui a également été président de l'Union des Journalistes du Cameroun, est accusé de « détournement de deniers publics par gonflement artificiel de la Redevance Audiovisuelle ». Cependant, l'instruction n'a révélé ni détournement, ni gonflement, ni perte d'argent, la Redevance étant gérée par le Trésorier Payeur Général. Ses soutiens estiment que son indépendance à la tête de la CRTV lui a valu cet acharnement judiciaire.

Selon Vamoulke, des juges auraient reçu l'instruction de « défendre la position du ministère public jusqu'à l'absurde », remettant en question la séparation des pouvoirs et l'indépendance de la justice au Cameroun.

Souffrant d'une neuropathie sévère diagnostiquée par des spécialistes camerounais et étrangers, Vamoulke se voit refuser une évacuation sanitaire urgente malgré un risque de paralysie. Cette situation est d'autant plus critiquée que des personnes condamnées sont parfois libérées pour raisons médicales, contrairement à Vamoulke, simple prévenu.

Plusieurs griefs informels sont évoqués pour expliquer cet acharnement, notamment des reproches liés à son passage à la CRTV et des accusations de manque de fiabilité. Son cas illustre, selon ses défenseurs, un système où l'on inculpe sans preuves solides, où l'on maintient en détention au-delà des limites légales, où l'on refuse les soins médicaux et où l'on fait traîner les procédures.

L'affaire Vamoulke s'inscrit dans le contexte de l'Opération Épervier, une campagne anti-corruption lancée en 2006. Vingt ans après son lancement, cette opération est critiquée pour son manque d'équité et son instrumentalisation politique.

Condamné une première fois à 12 ans de prison, puis à 20 ans supplémentaires en août 2024, Amadou Vamoulke a vu sa peine alourdie malgré les preuves fournies par sa défense pour justifier la dépense de la majorité des fonds qui lui étaient reprochés. Le Parlement européen et des organisations comme Reporters sans frontières ont appelé à sa libération, dénonçant un acharnement judiciaire et soulignant la gravité de son état de santé.

« La vérité se venge, et quiconque la hait ou la méprise, tôt ou tard sera sa proie », déclarait Amadou Vamoulke depuis sa cellule, cité par le journaliste.

Ce 22 février 2026, deux anciens hauts responsables, Roger Belinga et Gérard Ondo Ndong, ont été libérés après 20 ans de détention dans le cadre de l'opération Épervier.