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Afriland First Bank RDC : Situation critique et bras de fer juridique autour de l'éviction de Paul Fokam

Afriland First Bank RDC en crise : difficultés financières, administration provisoire et bataille juridique autour de l'éviction de Paul Fokam par l'État congolais. Détails et enjeux.

Afriland First Bank RDC : Situation critique et bras de fer juridique autour de l'éviction de Paul Fokam
Économie & Développement

La situation d'Afriland First Bank RDC est préoccupante, marquée par des difficultés financières croissantes et un litige juridique persistant entre l'actionnaire majoritaire historique, Afriland First Group (AFG) contrôlé par l'homme d'affaires camerounais Paul Kammogne Fokam, et l'État congolais. Placé sous administration provisoire depuis le 20 juin 2022 par la Banque Centrale du Congo (BCC), l'établissement affiche des indicateurs financiers alarmants.

Les données de la BCC à fin décembre 2025 révèlent un produit net bancaire (PNB) négatif de 4,68 millions de dollars, contrastant fortement avec le PNB positif de 2,241 milliards de dollars de l'ensemble du système bancaire congolais. Un PNB négatif signifie que l'activité bancaire ne génère plus de revenus nets, les charges financières dépassant les revenus d'intermédiation et de services. Les pertes s'élèvent à 50,4 millions de dollars, avec des fonds propres négatifs de -116,9 millions de dollars.

En parallèle, la banque perd des parts de marché dans le paiement des agents publics, impactant ses commissions et son PNB. En 2025, elle a perdu le marché du paiement des enseignants et des frais de fonctionnement des établissements scolaires dans cinq entités, représentant 29 513 agents et 2 039 établissements, au profit d'autres institutions financières.

Ces difficultés financières ont exacerbé les besoins de recapitalisation, d'autant plus que les banques opérant en RDC doivent atteindre un capital minimum de 50 millions de dollars depuis janvier 2025. En mars 2022, la BCC évaluait les besoins de capitalisation d'Afriland à 90 millions de dollars, une évaluation contestée par AFG.

Afriland First Group (AFG) conteste son éviction du capital d'Afriland First Bank RDC, qu'elle considère comme une « expropriation déguisée ». AFG a engagé une procédure d'arbitrage devant le Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (CIRDI) pour contester cette éviction et réclamer réparation. La holding affirme avoir été illégalement évincée du capital de sa filiale par l'État congolais et la Banque Centrale du Congo (BCC) en juillet 2021.

AFG a publié un communiqué le 12 février 2026, indiquant qu'elle n'exerce plus aucun contrôle opérationnel, managérial ou financier sur Afriland First Bank RDC et décline toute responsabilité dans la crise sociale qui paralyse certaines régions. Cette déclaration fait suite à une grève du personnel de santé de Gbadolite, liée au non-paiement des salaires et primes via l'agence locale d'Afriland First Bank RDC.

La situation d'Afriland First Bank RDC est complexe, avec des enjeux financiers importants et un bras de fer juridique en cours. L'issue de la procédure d'arbitrage devant le CIRDI pourrait avoir des conséquences significatives pour l'avenir de la banque et la position d'Afriland First Group en RDC. En attendant, la banque reste sous administration provisoire, confrontée à des défis majeurs pour redresser sa situation financière et restaurer la confiance de ses clients et partenaires.

L'affaire met en lumière les complexités du risque juridictionnel en RDC. Pour Afriland First Group, l'enjeu est double : obtenir une compensation financière et protéger la marque « Afriland » à l'échelle continentale.

Source : www.investiraucameroun.com