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Affaire Redhac : Verdict attendu le 16 mars 2026 pour les défenseures des droits humains au Cameroun

Le tribunal de Douala rendra son verdict le 16 mars dans l'affaire Redhac, où Me Alice Nkom et Maximilienne Ngo Mbe sont accusées de rébellion. Un verdict scruté de près par la société civile.

Affaire Redhac : Verdict attendu le 16 mars 2026 pour les défenseures des droits humains au Cameroun
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Le tribunal de grande instance de Douala Bonanjo rendra son verdict le 16 mars 2026 dans l'affaire opposant l'État camerounais au Réseau des défenseurs des droits de l'Homme en Afrique centrale (Redhac). Deux figures emblématiques de la défense des droits humains au Cameroun, Me Alice Nkom, présidente du conseil d'administration, et Maximilienne Ngo Mbe, directrice exécutive du Redhac, sont accusées de bris de scellés et de rébellion en coaction.

L'affaire a débuté en décembre 2024 lorsque les bureaux du Redhac à Douala ont été scellés par les autorités préfectorales du Wouri. Cette décision administrative avait été perçue par le Redhac comme arbitraire, l'organisation ayant souvent critiqué les pratiques des gouvernements de la région en matière de droits humains. Selon la défense, Me Alice Nkom et Maximilienne Ngo Mbe, en pénétrant dans leurs propres bureaux, n'ont fait qu'exercer un droit légitime. L'équipe juridique du Redhac conteste les accusations portées contre les deux femmes, affirmant que le ministère public n'a fourni aucune preuve concrète pour étayer les faits allégués.

Maximilienne Ngo Mbe dirige le Redhac depuis 2010, une organisation qui couvre huit pays d'Afrique centrale et se consacre à la protection des défenseurs des droits humains et à la promotion des libertés fondamentales. Elle a reçu plusieurs prix internationaux pour son engagement, notamment le Prix international de la femme de courage en 2021 et le Prix Robert F. Kennedy des droits de l'homme en 2022. Me Alice Nkom, avocate camerounaise, est reconnue pour son engagement en faveur des droits des personnes LGBTQI+ au Cameroun. Elle est la première femme d'Afrique centrale à être devenue avocate.

La société civile camerounaise et les organisations internationales suivront de près le verdict du 16 mars. Une condamnation pourrait être interprétée comme un signal négatif pour les organisations de défense des droits humains, tandis qu'un acquittement renforcerait leur position. Le Redhac, par son action régionale, a un impact qui dépasse les frontières du Cameroun. La décision du tribunal de Douala Bonanjo aura donc un écho dans toute l'Afrique centrale, où la question des libertés associatives est régulièrement posée.

En décembre 2024, le ministre de l'Administration territoriale avait ordonné la suspension du Redhac pour trois mois, invoquant des pratiques financières douteuses. Cette suspension avait suscité une vague de critiques de la part des organisations de défense des droits humains, qui y voyaient une atteinte à la liberté d'association.

Source : www.camer.be