Le feuilleton judiciaire opposant Joseph Thierry Okala Ebode au Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC) connaît un nouveau rebondissement. L'affaire a été renvoyée au 26 mars 2026, pour permettre la production de l'original de l'assignation et des pièces justificatives.
Okala Ebode, exclu du MRC pour « trahison » par les instances disciplinaires du parti, a saisi le Tribunal de Grande Instance du Mfoundi à Yaoundé. Il conteste la décision n°007/2025 du 7 novembre 2025, prise par le Comité national de médiation et d'arbitrage (CNMA) du MRC, qui prononçait son exclusion définitive. L'universitaire dénonce des irrégularités de procédure, notamment le non-respect des délais de notification, l'absence de tentative de médiation préalable et l'absence d'une définition claire de la « trahison » dans les statuts du parti.
Selon Okala Ebode, plusieurs violations des textes internes du MRC ont été commises. Il pointe du doigt l'absence d'audition contradictoire avant la sanction et l'inexistence d'une définition précise de la notion de « faute de trahison » dans les statuts du parti.
Des sources proches du MRC affirment que la procédure a été régulière et que les textes ont été respectés. Elles indiquent qu'Okala Ebode a été traduit devant le CNMA suite à une plainte d'Alain Fogue, trésorier national, après des accusations portées contre Maurice Kamto et Alain Fogue, les accusant d'être à la solde de la France. L'exclusion définitive aurait été prononcée suite à la non-présentation de preuves pour étayer ces accusations.
L'affaire a pris une dimension publique, avec des échanges acerbes sur les réseaux sociaux. Des militants du MRC ont comparé Okala Ebode à Dieudonné Yebga, dont la candidature à la présidentielle de 2025 avait entraîné l'invalidation de celle de Maurice Kamto. Okala Ebode a répliqué en dénonçant des insultes et des attaques personnelles, affirmant que le débat doit se tenir devant les instances compétentes.
L'enjeu de cette affaire est important pour le MRC, à quelques mois des élections législatives et municipales de 2026. Le dossier pourrait perturber la quiétude du parti et diviser ses militants.
La justice devra donc trancher sur la validité de la procédure d'exclusion et sur le respect des droits d'Okala Ebode. Le renvoi au 26 mars permettra aux parties de produire les documents nécessaires pour éclairer le tribunal.