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À Yaoundé, la migration africaine est désormais perçue comme un enjeu économique et un levier de développement

Le Dialogue africain permanent à Yaoundé redéfinit la migration africaine comme un levier économique, encourageant la formation, l'investissement et le retour des compétences au pays.

À Yaoundé, la migration africaine est désormais perçue comme un enjeu économique et un levier de développement
Économie & Développement

La ville de Yaoundé a accueilli une initiative novatrice visant à transformer la perception de la migration africaine. Le 28 avril 2026, la première édition du Dialogue africain permanent s'est tenue, abordant la migration non plus seulement sous l'angle de la fuite des cerveaux ou des drames liés à l'exil, mais comme un potentiel levier de développement économique.

Organisé sous le haut patronage du ministère de la Jeunesse et de l’Éducation civique, l'événement a rassemblé plus de 400 participants, incluant de jeunes leaders, des chercheurs, des entrepreneurs, des responsables institutionnels et des membres de la diaspora. Les discussions ont главным образом porté sur la manière de structurer et de financer durablement les systèmes de jeunesse africains, transformant ainsi la migration en un atout plutôt qu'en un symptôme de manque d'opportunités.

Un concept clé a émergé des échanges : considérer la migration comme un parcours à organiser plutôt que comme un simple départ à empêcher. L'idée est de permettre aux jeunes Africains de partir pour se former, de circuler pour élargir leurs réseaux, et de revenir pour entreprendre ou investir dans leurs pays d'origine. Cette approche met en lumière l'importance de faciliter la reconnaissance des compétences acquises à l'étranger, de soutenir les retours temporaires ou permanents, et de canaliser l'épargne de la diaspora vers des projets productifs.

La politologue Nadine Machikou a souligné la nécessité d'aligner les politiques de jeunesse sur les réalités africaines, car la migration reste souvent une réponse à un manque de perspectives locales plutôt qu'un choix stratégique. Le défi consiste donc à transformer cette mobilité en valeur économique, sociale et institutionnelle.

Un hackathon de 48 heures a mis en évidence la vitalité de l'innovation portée par la jeunesse camerounaise, tout en soulignant les obstacles persistants tels que l'accès difficile au financement et l'accompagnement insuffisant. Parmi les solutions proposées figurent la facilitation de la libre circulation en Afrique centrale, le développement d'outils numériques éducatifs et une mobilisation plus structurée de la diaspora.

En conclusion, cette première édition du Dialogue africain permanent a permis de recentrer le débat sur la migration africaine, en mettant l'accent sur la création de conditions favorables au développement des compétences, à l'investissement et à la croissance économique. L'événement a souligné l'importance de ne plus seulement freiner les départs, mais de permettre aux jeunes de rester, de partir ou de revenir dans des cadres mieux structurés. La rencontre a mis en lumière le potentiel de la diaspora africaine en tant qu'investisseurs directs dans leurs pays d'origine, contribuant ainsi au développement de divers secteurs tels que la fabrication, la technologie, l'immobilier et les PME.

Source : www.investiraucameroun.com